À l’intérieur de la campagne Philip Morris visant à contourner le traité mondial antitabac

La plus grande société de tabac cotée en bourse au monde déploie ses vastes ressources contre les efforts internationaux visant à réduire le tabagisme. Des documents internes, découverts par Reuters, révèlent des détails sur l’opération de nature secrète.

Article rédigé, dans sa version originale (anglais), par Adita Kalra, Paritosh Bansal, Duff Wilson et Tom Lasseter. La traduction est proposée par l’association Carrefour addicitons. Certaines parties de l’article, n’ont pas été reprises et traduites.

NEW DELHI / LAUSANNE, Suisse – Un groupe de dirigeants d’entreprises de cigarettes se trouvait dans le hall d’un centre de congrès à New York en novembre dernier. Ils attendaient des accréditations pour participer à la conférence mondiale au sujet du traité pour le contrôle du tabac de l’Organisation mondiale de la santé, qui vise à freiner le tabagisme et à lutter contre l’influence de l’industrie du tabac.

Les organisateurs de la conférence ne voulaient pas d’eux là-bas. Parmi les personnes attendant dans l’espoir d’entrer, il y avait des dirigeants de Japan Tobacco International et British American Tobacco Plc. Malgré tout, un grand groupe n’était pas représenté : Philip Morris International Inc. Un représentant de cette entreprise a déclaré plus tard à Reuters que ses employés ne se sont pas présentés, parce que l’entreprise savait qu’elle n’était pas la bienvenue. En réalité, des dirigeants de la plus grande entreprise de tabac cotée en bourse ont voyagé du monde entier, pour se rendre à New Delhi où la conférence anti-tabac avait lieu. Inconnus des organisateurs, ils séjournaient dans un hôtel à une heure du centre de congrès, et y travaillaient dans une salle aménagée à cet effet. Philip Morris International allait bientôt tenir des réunions secrètes avec des délégués du gouvernement du Vietnam et d’autres parties prenantes du traité.

L’objet de ces activités clandestines concernait la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac ou la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte anti-tabac (CCLAT), un traité visant à réduire le tabagisme à l’échelle mondiale. Reuters a découvert que Philip Morris International organisait une campagne secrète pour bloquer ou affaiblir les mesures de la conventionqui permettraient de sauver des millions de vies en freinant le tabagisme.

Dans un document interne, la compagnie affirme qu’elle a appuyé l’adoption du traité. Mais Philip Morris en est venu le considérer comme un «train fou régulateur» piloté par des «extrémistes anti-tabac» – une description présente dans le document, une présentation PowerPoint 2014 (en anglais).

Les documents confidentiels de la société et les entretiens avec les employés anciens et actuels de Philip Morris révèlent, de manière concordante, une offensive, s’étendant des Amériques à l’Afrique et à l’Asie, des champs de tabac aux salles du pouvoir politique, qui pourrait être l’un des efforts de lobbying les plus larges menés par une entreprise.

Les détails de ces plans sont consultables dans un cache des documents de Philip Morris examinés par Reuters.Après une des plus grandes fuites de l’industrie du tabac ayant jamais eu lieu. Actuellement, Reuters est en train de publier une sélection de ces documents dans une archive consultable, intitulée « The Philip Morris Files » (consultable en anglais).

Datant de 2009 à 2016, les milliers de pages incluent des courriels entre les cadres de l’entreprise, des présentations PowerPoint, des documents de planification, des outils pour mener des actions politiques, des plans nationaux de lobbying, ainsi que des analyses de marché. Dans l’ensemble, elles présentent une entreprise qui a concentré ses vastes ressources mondiales pour mettre à mal le traité mondial de lutte antitabac.

Philip Morris travaille afin d’affaiblir le traité à différents niveaux. Il cible les conférences de la CCLAT où les délégués se réunissent pour s’accorder au sujet des recommandations de mesures anti-tabac. L’entreprise fait aussi du lobbying au niveau national, car c’est à cette échelle que la composition des délégations de la CCLAT est déterminée et que les décisions recommandations de mesures anti-tabac.

Les documents, combinés à des rapports de 14 pays (du Brésil à l’Ouganda, en passant par le Vietnam), révèlent qu’un objectif de Philip Morris est d’augmenter le nombre de délégués qui ne sont pas du ministère de la santé ni impliqués en santé publique pour participer aux conférences établissant le traité. Ceci est en train de se produire : une analyse, menée par Reuters, à propos des délégués à la conférence biannuelle de la CCLAT, montre une augmentation par rapport à la conférence de 2006 du nombre de représentants des ministères du commerce, des finances et de l’agriculture pour lesquels les revenus du tabac peuvent être plus prioritaires que les problèmes de santé..

Philip Morris International déclare qu’il n’y a rien d’inadéquat quant à la collaboration de ses dirigeants avec des représentants du gouvernement. « En tant qu’entreprise dans une industrie hautement réglementée, parler avec les gouvernements fait partie de nos activités quotidiennes », a déclaré Tony Snyder, vice-président des communications, dans une déclaration en réponse aux trouvailles de Reuters. « Le fait que Reuters ait vu des courriels internes, traitant de notre engagement avec les gouvernements, ne rend pas ces interactions inappropriées ».

Dans une série d’interviews en Europe et en Asie, Andrew Andrew, dirigeant de Philip Morris, a déclaré que les employés de la société étaient soumis à des instructions strictes afin d’obéir, à la fois, aux politiques de conduite de l’entreprise et au droit local dans les pays où ils opèrent. Cave, qui est un directeur des affaires corporatives, a déclaré que, bien que Philip Morris soit en désaccord avec certains aspects de la CCATT et qu’il consulte les délégués hors site lors de ses conférences, les délégations «prennent leurs propres décisions».

« Nous sommes respectueux du fait que c’est leur semaine et leur événement », a déclaré Cave lors d’une interview à New Delhi, où les parties au traité se sont rencontrées en novembre dernier. Interrogé dans une interview antérieure, sur une éventuelle campagne formelle de Philip Morris ciblant les conférences biannuelles de la CCLAT, Cave a simplement répondu par la négative.

Lorsque les délégués de la CCLAT se rassemblent, des vies sont en jeu. Les décisions prises lors des conférences au cours de la dernière décennie, y compris l’interdiction de fumer dans les lieux publics, sauvent des millions de vies, selon des chercheurs du Georgetown University Medical Center.

Entre 2007 et 2014, plus de 53 millions de personnes dans 88 pays ont cessé de fumer parce que ces pays ont imposé des mesures antitabac rigoureuses recommandées par l’OMS, selon son étude de décembre 2016. En raison du traité, les chercheurs estiment que 22 millions de décès liés au tabagisme seront évités.

Selon l’OMS, cependant, le tabagisme reste la principale cause évitable de décès – et d’ici 2030 celui-ci sera responsable de huit millions de décès par an, contre six millions maintenant.

Les activistes anti-tabac jubilèrent lorsque le traité a été adopté en 2003. Le traité, entré en vigueur en 2005, a permis de mettre en placer des mesures qui semblaient autrefois radicales, comme les interdictions de fumer dans les bars. Environ 90% de toutes les nations se sont finalement associées. La plus grande résistance au traité nous vient des États-Unis, qui ont signé le traité mais ne l’ont pas encore ratifié.

Depuis l’entrée en vigueur de la CCLAT, cette dernière a persuadé des douzaines de nations d’augmenter les taxes sur les produits du tabac, d’adopter des lois interdisant de fumer dans les lieux publics et d’augmenter la taille des avertissements sanitaires sur les paquets de cigarettes. Les signataires du traités se réunissent tous les deux ans pour examiner de nouvelles mesures ou renforcer les anciennes déjà existantes, lors d’une réunion appelée la Conférence des Parties,  qui s’est réunie pour la première fois en 2006 à Genève.

Mais un rapport de la CCLAT montre que la mise en œuvre de sections importantes du traité sont entravées. Il n’y a pas eu d’autres progrès dans la mise en oeuvre de 7 des 16 articles « substantiels » du traité depuis 2014, selon un rapport du Secrétariat de la CCLAT en juin de l’année dernière.

Une des raisons principales est : «L’industrie du tabac continue à êtrel’obstacle le plus important dans la mise en œuvre de la Convention».

En effet, l’industrie du tabac a atténué les réglementations les plus strictes. Il n’y a eu qu’un léger recul de 1,9% dans les ventes mondiales de cigarettes depuis l’entrée en vigueur du traité en 2005 et il y a un plus grand nombre de fumeurs quotidiens en 2015 qu’en 2005. L’indice mondial du tabac, Thomson Reuters, qui suit les stocks de tabac, a augmenté de plus de 100% au cours de la dernière décennie, principalement en raison des hausses de prix.

« Certaines personnes pensent qu’avec le tabac, vous avez gagné la bataille », a déclaré l’ancien ministre finlandais de la Santé Pekka Puska, qui a présidé un comité de la CCLAT l’année dernière. En aucun façon », a-t-il dit. « L’industrie du tabac est plus puissante que jamais ».

Avec 600 dirigeants des affaires corporatives, selon un courriel interne de novembre 2015, Philip Morris est l’une des entreprises les mieux armées du monde pour le lobbying. Cette armée et un bénéfice annuel net de plus de 7 milliards de dollars donnent à Philip Morris les ressources nécessaires pour submerger la CCLAT.

Le traité est supervisé par 19 employés au Secrétariat hébergé par l’OMS à Genève. Le Secrétariat dépense en moyenne moins de 6 millions de dollars par année. Même lorsqu’il est renforcé par des groupes antitabac, le Secrétariat est dépassé. Son budget pour cette année et l’année dernière (pour le soutien de la clause du traité sur la lutte contre l’influence de l’entreprise de tabac) est inférieur à 460 000 $.

Vera Luiza da Costa e Silva, responsable du Secrétariat de la Convention de la CCATM, est chargée d’empêcher l’industrie de neutraliser le traité.

Lors de deux interviews dans son bureau de Genève, da Costa e Silva, un médecin qui a un doctorat en santé publique et présente une mèche rose dans sa chevelure, a expliqué pourquoi la CCLT avait interdit la participation de tout public lors de la conférence biannuelle de 2014 à Moscou.Cette interdiction était la réponse aux efforts déployés par les dirigeants de l’industrie du tabac pour utiliser les badges publics afin d’entrer dans le lieu,dit-elle. Toujours selon elle, les représentants de l’industrie auraient commencé à emprunter des badges aux délégués qu’ils connaissaient afin d’entrer. « C’est une véritable guerre », a déclaré da Costa e Silva.

 

« Certaines personnes pensent qu’avec du tabac, vous avez gagné la bataille. En aucune façon … L’industrie du tabac est plus puissante que jamais. »

Mais elle n’avait qu’une représentation partielle des forces alignées contre elle. Elle n’était pas au courant du fait que Philip Morris avait une grande équipe opérant tout au long de la convention à Moscou. De plus, elle ignorait les détails des activités ayant eu lieu à New Delhi en novembre dernier.

« C’est tellement dégoûtant. Ce sont les forces contre lesquelles nous devons travailler « , a déclaré Da Costa e Silva en mai après avoir été informée au sujet du contenu des documents appartenant à Philip Morris. « Je pense qu’ils veulent faire imploser le traité ».

L’idée d’un traité mondial sur le tabac a été abordée par le milieux de la santé depuis au moins 1979, lorsqu’un comité de l’OMS en a suggéré la possibilité. Gro Harlem Brundtland, une ancien Première ministre devenue directrice général de l’OMS en 1998, a fait en sorte que cela se produise.

Elle a pu s’appuyer sur l’indignation provoquée par les documents qui ont émergé dans le cadre de l’accord de règlement-cadre principal de 1998. Dans ce dernier, il est écrit que les quatre plus grandes compagnies de tabac américaines ont accepté de payer plus de 200 milliards de dollars à 46 États américains. Des communications internes ont montré que les dirigeants du tabac ont menti depuis des années au sujet de leur connaissance de la nature mortelle des cigarettes.

Un document de 1989 a révélé le plan d’une entreprise visant à lutter contre les menaces pour l’industrie. « L’impact et l’influence de l’OMS est incontestable », est inscrit dans ce document. De plus, on y apprend que « des contre-mesures sont envisagées pour contenir / neutraliser / réorienter l’OMS ». Cette compagnie était Philip Morris.

En 2008, Altria Group Inc a divisé l’activité de Philip Morris en 2 compagnies. Philip Morris USA, qui reste une filiale d’Altria, commercialise des produits Marlboro et d’autres marques aux États-Unis. Philip Morris International a été séparé et gère les affaires à l’étranger. Depuis la scission, les actions de Philip Morris International ont plus que doublé et celles d’Altria ont plus que triplé.

Le siège opérationnel de Philip Morris International se trouve à Lausanne, en Suisse, dans une rue de ruines gallo-romaines, dans un immeuble élégant avec une cafétéria, une salle de sport et un patio face au lac Léman. Depuis cet endroit, la société s’efforce d’entraver le traité.

Les communications internes de l’entreprise révèlent la portée de l’opération menée par Philip Morris lors de la réunion du traité de la CCLATT de 2014 à Moscou. La société a mis en place une «salle de coordination» pouvant accueillir 42 personnes, selon la présentation PowerPoint 2014 intitulée « Approche et problèmes liés aux affaires d’entreprise ».

A la direction de l’opération : Chris Koddermann. Ancien avocat et lobbyiste au Canada, Koddermann a rejoint Philip Morris en 2010. Il est maintenant directeur des affaires réglementaires à Lausanne. Le PowerPoint décrit la personne idéale pour endosser ce rôle comme quelqu’un qui serait capable de « jouer sur l’échiquier politique ». Koddermann a déjà travaillé au cabinet de ministres fédéraux et provinciaux au Canada, selon son profil LinkedIn.

Joint sur son téléphone portable en mars, Koddermann a déclaré qu’une rencontre ne serait pas possible et que toute question devrait être adressée à Philip Morris International.

À la fin de la réunion de Moscou, le 18 octobre 2014, Koddermann a envoyé un courriel félicitant une équipe de Philip Morris, composée de 33 personnes, pour leur succès dans la dilution ou le blocage des mesures visant à renforcer les contrôles du tabac et à réduire les ventes de cigarettes. Les gains dont il s’est vanté, à la fin de la conférence d’une semaine, ont été l’aboutissement d’un effort de deux ans, a déclaré son courrier électronique.

Les documents ont mis au jour l’un des principaux objectifs de la campagne menée par Philip Morris au sujet de la CCLAT : maintenir le tabac dans le cadre des accords commerciaux internationaux, afin que la société puisse organiser des campagnes juridiques contre la réglementation du tabac.

Les traités de commerce international comprennent souvent des dispositions, telles que la protection des marques – dispositions que Philip Morris a utilisé pour contester les mesures antitabac. Si le tabac était retiré des traités, comme le suggère la proposition, Philip Morris pourrait être privé de beaucoup de moyens dont de nombreux arguments juridiques.

Un premier projet a demandé aux parties de soutenir les efforts visant à exclure le tabac des pactes commerciaux et à empêcher l’industrie d’« abuser » des règlements commerciaux et d’investissement. À la fin, la proposition a été édulcorée. La décision finale a seulement rappelé aux parties « la possibilité de tenir compte de leurs objectifs de santé publique dans leur négociation d’accords commerciaux et d’investissement ». Il n’y avait aucune mention d’exclusion du tabac.

Koddermann, dans un courriel adressé  à ses collègues, le dernier jour de la conférence, a crié victoire, décrivant le changement comme «un résultat formidable». Dans l’ensemble, l’entreprise a atteint ses «objectifs de campagne liés au commerce», y compris en «évitant une déclaration priorisant de la santé sur le commerce  » et « évitant la reconnaissance de la CCLAT en tant que norme internationale « , a-t-il écrit.

La victoire était significative. Un ancien employé de Philip Morris a déclaré que la société a couramment utilisé des traités commerciaux pour contester les lois sur le contrôle du tabac. L’objectif, a-t-il dit, était «de dissuader, par la peur, les gouvernements de faire des changements en matière de régulation». Même si l’industrie du tabac a perdu une série de batailles juridiques majeures, sa stratégie a permis de décourager la mise en œuvre de règlements qui limiterait la fumée. Ces retardements peuvent entraîner des années de ventes sans entraves.

Dans sa présentation PowerPoint de 2014, Philip Morris a déclaré: « Les obstacles sont aussi importants que les solutions ».

Un exemple d’obstacle était une campagne pour arrêter l’introduction d’une réglementation en 2011 en Australie interdisant les logos et une coloration distincte sur les paquets de cigarettes.La plainte de la compagnie et son arbitrage contre la mesure ont finalement été rejetés – mais pas avant que cinq pays aient déposé plainte contre l’Australie sur le même sujet à l’Organisation Mondiale du Commerce. Cette organisation doit encore annoncer une décision en la matière.

La tentative de défaire la réglementation australienne a eu un effet dissuasif ailleurs. Cela a ralenti l’introduction d’une législation instaurant l’emballage neutre en Nouvelle-Zélande. Invoquant le risque que les compagnies de tabac «mettent en place des contestations judiciaires légales», le gouvernement a annoncé en 2013 qu’il repousserait l’établissement de la mesure et qu’il attendrait de «voir ce qui se passe avec les affaires juridiques de l’Australie».La mise en vigueur de la loi est donc repoussée à l’année prochaine.

Dans son courrier électronique de la conférence de Moscou, Koddermann s’est également félicité du sort d’une proposition sur les agriculteurs. Le texte initial aurait recommandé que les pays limitent le soutien aux producteurs de tabac. La proposition a été « considérablement atténuée », a-t-il écrit. « C’est un résultat très positif ».

Gustavo Bosio, à l’époque, un directeur dans le domaine du commerce international, a déclaré quelques jours après la conférence dans un courriel: «Ces excellents résultats sont une conséquence directe des efforts remarquables de toutes les régions et marchés de Philip Morris International au cours des deux dernières années et durant cette semaine intense à Moscou ».

Philip Morris n’est pas seul à chercher à affaiblir le traité. Avant la conférence 2012 de la CCLATT, à Séoul, quatre géants de la cigarette – Philip Morris, British American Tobacco (BAT), Japan Tobacco International et Imperial Brands Plc – ont formé un «Groupe de travail informel de l’industrie» pour s’opposer à diverses propositions au sujet de la taxation du tabac, selon un document interne de BAT examiné par Reuters.

Le document de 45 pages, dont l’existence n’a pas été signalée auparavant, montrait que le groupe assurerait la coordination «dans la mesure où ces thèmes ne soulèveraient aucun problème de concurrence». Le document a décrit une campagne mondiale planifiée par la BAT pour contrer la CCLAT, qui «dépassait de plus en plus» son mandat. Et il a énuméré des objectifs, y compris une tentative de bloquer les discussions autour de l’introduction d’une taxe minimale de 70% sur le tabac.

BAT a refusé de répondre aux questions sur le groupe de travail de l’industrie. Imperial et Japan Tobacco International ont déclaré qu’ils ne voulaient pas commenter le document d’un concurrent. Japan Tobacco International a déclaré que ses experts en fiscalité ont rencontré des homologues d’autres compagnies de tabac pour discuter des lignes directrices des traités en matière de fiscalité avant la conférence de 2012. Philip Morris n’a pas commenté le document.

Les courriels et les documents de Philip Morris ne détaillent pas explicitement comment la société a provoqué ces victoires à Moscou. Mais ils donnent un aperçu de l’importance qu’elle accorde au fait de courtiser les délégués

Traditionnellement, la CCLAT prend ses décisions par consensus. Ainsi, influencer une seule délégation nationale peut avoir un impact exceptionnel. Le traité comporte une clause clé visant à empêcher l’industrie d’influencer indûment les délégations. L’article 5.3, tel qu’il est connu, dit que les pays devraient protéger leurs politiques de santé publique contre les intérêts du tabac. Les lignes directrices qui accompagnent l’article 5.3 recommandent que les pays n’interagissent avec l’industrie que lorsque cela s’avère strictement nécessaires.

Mais l’article – une seule phrase – contient une échappatoire que Philip Morris a exploité. La phrase se termine par les mots «conformément à la législation nationale», ouvrant la voie aux arguments des forces pro-tabac selon lesquelles tout lobbying qui est légal dans un certain pays est admissible lorsqu’il y a interaction avec les représentants de ce pays. Ils soutiennent également qu’une phrase dans un document connexe – les lignes directrices pour l’article 5.3 – permet que de telles interactions se produisent aussi longtemps qu’elles seront menées de manière transparente.

 

Stratégie de lobbying

Les documents de Philip Morris International découverts par Reuters incluent des lignes directrices et des plans de lobbying spécifiques à chaque pays, visant à lutter contre le traité mondial de lutte contre le tabagisme de l’OMS et les mesures nationales antitabac. Les stratégies comprennent:

• Faire du lobbying visant des législateurs, des bureaucrates et d’autres fonctionnaires

• Tenter de détourner les problèmes de tabac des services de santé

• Déployer des tiers, y compris des groupes de détail, pour faire valoir des arguments et exercer une pression sur les décideurs

• Engager les médias sur des sujets du tabac et générer un débat public pour influencer les décideurs

L’une des cibles de la compagnie était le Vietnam.

Le jour de la clôture de la réunion de Moscou, Koddermann a reçu un courriel de son collègue Nguyen Thanh Ky, un dirigeant et leader dans les affaires au Vietnam. Ky a déclaré qu’il avait eu un «déjeuner de débriefing» avec la délégation vietnamienne et qu’il avait un bon résultat à signaler: la délégation était en faveur de «mesures modérées et raisonnables» à mettre en œuvre sur un «calendrier pratique», a-t-il écrit. Il n’a pas précisé les mesures qui ont été discutées.

La délégation vietnamienne a souvent pris la parole lors de la réunion de Moscou. Une revue des notes compilées par des groupes de contrôle du tabac accrédités en tant qu’observateurs a montré que les interjections du Vietnam reflétaient souvent les positions de Philip Morris sur les règlements de contrôle du tabac. Tout comme le géant du tabac, les Vietnamiens ont déclaré qu’une taxe plus élevée sur les cigarettes entraînerait une augmentation des ventes illicites. Comme Philip Morris, ils ont déclaré que la CCLAT devrait rester à l’écart des différends commerciaux. Et comme Philip Morris, le Vietnam s’est opposé aux propositions visant à fixer des paramètres uniformes pour la responsabilité légale des compagnies de tabac.

Les lignes directrices de la CCLAT sur la fiscalité comprenaient finalement une recommandation de l’OMS pour une taxe minimale de 70% – ce à quoi Philip Morris était opposé. Mais la proposition de donner au traité plus de poids sur les différends commerciaux a été affaiblie et les mesures visant à renforcer la responsabilité légale des compagnies de cigarettes ont été retardées.

Le ministre des Affaires étrangères du Vietnam n’a pas répondu aux questions de Reuters.

Dès que la conférence a pris fin, les documents le montrent, Philip Morris s’est tourné vers la prochaine : la réunion de 2016 en Inde.

La présentation PowerPoint de 2014 soulignait la nécessité d’identifier les moyens de recueillir des renseignements lors de la conférence de Delhi. Dans un document de planification distinct de 2015, l’entreprise parle de l’organisation de manifestations d’agriculteurs à l’approche de la réunion. De telles manifestations ont eu lieu – y compris devant les bureaux de l’OMS à New Delhi. Reuters n’a pas pu déterminer si Philip Morris était derrière ces manifestations.

Alors que d’autres grandes compagnies de tabac ont également envoyé des gens à Delhi en novembre, Philip Morris se distingue par sa discrétion. Les cadres de la société ne se sont pas identifiés avec leurs collègues de l’industrie du tabac au centre de congrès de la CCLAT et ont séjourné dans un hôtel à environ une heure de route.

L’anonymat et la distance ont aidé Philip Morris à s’adresser aux délégués secrètement. Au deuxième jour de la conférence, une camionnette blanche de la marque Toyota s’est éloignée du front de l’hôtel Hyatt Regency – de laquelle Philip Morris menait ses opérations – et s’est dirigée vers le lieu accueillant les discussions autour du traité de la CCLAT. La camionnette transportait Ky, directeur des affaires corporatives au Vietnam pour le grand cigarettier.


RÉUNION OFFSITE: lors de la conférence pour le traité, en périphérie de New Delhi l’année dernière, un représentant de Philip Morris s’est entretnu en privé avec un membre de la délégation vietnamienne, Nguyen Vinh Quoc. Sur l’image de gauche, Quoc peut être vu en train de sortir d’une session lors de la conférence du traité le 8 novembre. Sur l’image du milieu, une camionnette qui a quitté un hôtel de Delhi portant un représentant de Philip Morris se dirige vers le centre de congrès. SUr l’image de droite, on peut voir Quoc sortir du centre de congrès juste avant de  monter dans la fourgonnette. REUTERS / Duff Wilson; Tom Lasseter

Le chauffeur de Ky a indiqué à la police (à un barrage à l’extérieur du centre de conférences où les accréditations étaient vérifiées), expliquant qu’il conduisait des «VIP». Plus tard, c’est ce que le chauffeur a indiqué à Reuters.

Quelques minutes plus tard, un homme vêtu d’un costume sombre, sortit du centre de conférences, dépassa la camionnette et s’arrêta au coin d’une rue. La camionnette fit demi-tour, et un journaliste de Reuters vit l’homme en costume s’y engouffrer rapidement. Il était un membre important de la délégation du Vietnam à la conférence de la CCATM: Nguyen Vinh Quoc, un fonctionnaire du gouvernement vietnamien.

Le chauffeur, Kishore Kumar, a déclaré lors d’une interview qu’il avait déposé les deux hommes dans un hôtel local. Kumar a déclaré que, à plusieurs autres occasions cette même semaine, il a emmené Ky pour récupérer des gens de l’hôtel Formule1, un hébergement peu coûteux où la délégation du Vietnam est restée au cours de la conférence.

Ky et Quoc n’ont pas répondu aux demandes de commentaires.

Interrogé par Reuters au sujet de l’interaction entre Ky et les représentants du Vietnam, Andrew Cave (dirigeant de chez Philip Morris) a frappé du poing sur la table dans un bar à l’hôtel où les représentants de l’entreprise séjournaient. Reuters, dit-il, devrait se concentrer sur les efforts déployés par l’industrie pour développer des produits dits à risque réduit – ceux qui délivrent de la nicotine sans provoquer brûler le tabac, et que la société présente comme un produit réduisant les dommages.

Lorsque le sujet des rencontres entre Ky et les délégués du Vietnam a à nouveau été évoqué par Reuters, Cave a une nouvelle fois frappé du poing sur la table: « Je suis en colère que vous vous concentriez sur cela plutôt sur les vrais problèmes qui intéressent les vrais gens ».

Dans un courriel ultérieur, Cave a déclaré que: « Des représentants de Philip Morris International ont rencontré des délégués du Vietnam » lors de la conférence de Delhi afin de « discuter des questions politiques et cela était pleinement conforme aux procédures internes de Philip Morris International, ainsi qu’aux lois et règlements du Vietnam ».

Les délégués, déclara Cave dans divers entretiens, sont réticents à l’idée de rencontrer Philip Morris, sans le faire discrètement, parce qu’ils ont peur d’être «identifiés et couverts de honte» par des groupes antitabac.

Certains délégués ont contesté l’importance avec laquelle Philip Morris aurait façonné les décisions prises lors de la conférence de Moscou, affirmant que les participants étaient véritablement en désaccord sur certaines questions. Nuntavarn Vichit-Vadakan, une déléguée thaïlandaise, a supervisé de nombreuses discussions en tant que président d’un comité de la CCLAT à la conférence de Moscou. Elle a déclaré que les avis des délégués divergeaient par rapport à la réglementation des e-cigarettes, par exemple, et tout lobbying effectué par la société n’aurait pas déterminé le résultat.

Les documents de Philip Morris laissent des questions sans réponse. Dans certains cas, les documents montrent que l’entreprise a/aurait modifié les règlements antitabac, surveillé des activistes, mais ne précise pas toujours comment cela a été effectué, voire pas du tout. La présentation PowerPoint de 2014 a souligné la nécessité d’un «examen critique» des défenseurs du tabagisme et a déclaré qu’une «équipe de projet globale» avait été créée à cette fin. L’entreprise n’a pas détaillé les moyens utilisés à cet effet.

Dans certains cas, le lobbying de Philip Morris a clairement échoué. En juillet 2015, le parlement ougandais a adopté de nouvelles lois antitabac inspirées par le traité. Tout ce qui était nécessaire était la signature du président Yoweri Museveni, et la petite nation africaine deviendrait un leader sur le continent dans la mise en œuvre d’une interprétation stricte de la CCLAT.

Philip Morris a envoyé un dirigeant, un homme blanc plus jeune, pour dire au président septuagénaire qui, il y a longtemps, avait aidé à renverser le dictateur Idi Amin, pourquoi la loi sur le tabac était une mauvaise idée. Sheila Ndyanabangi, responsable principale de l’Ouganda en matière de lutte contre le tabagisme, qui était présente lors de la réunion, a décrit l’approche de cet homme pour tenter de convaincre l’homme d’État.

« Il a dit, ‘le tabac ougandais sera trop cher’. ‘Il ne sera pas compétitif « , lui répondit Ndyanabangi. Le compte-rendu de Sheila Ndyanabangi a été confirmé par un haut responsable du gouvernement ougandais qui était également présent.

Museveni a regardé pendant un moment l’homme envoyé par Philip Morris et un représentant d’un important importateur de tabac qui était venu avec lui. Le président a ensuite déclaré: « L’esclavage a pris fin il y a longtemps. » Il y a eu un long silence dans la salle, dit Ndyanabangi. Museveni a déclaré que l’Ouganda n’avait pas besoin de tabac et que la réunion était terminée. Le président a signé le projet de loi en septembre.

Le bureau de Museveni n’a pas répondu aux demandes de commentaires.

Au fil du temps, cependant, le lobbying de l’industrie a ralenti les progrès du traité. Lors des conférences biennales, les discussions ont changé. À Moscou, par exemple, l’accent était mis sur le commerce et les impôts. « On pouvait constater que les interventions étaient très, très, très centrées sur les aspects commerciaux, souvent en plaçant le commerce au-dessus de la santé », a annoncé da Costa e Silva, de la FCTC, dans une interview l’an dernier.

La composition des délégations de la CCLAT envoyées par les gouvernements a changé pour inclure davantage de membres qui ne sont pas impliqués dans la politique de santé. Cela va dans le sens de ce que Philip Morris et d’autres compagnies de tabac veulent: Philip Morris, ainsi que British American Tobacco, ont cherché à déplacer l’équilibre des membres plus loin de la santé publique et plus proch des ministères tels que ceux des finances et du commerce. De telles agences, a déclaré l’ancien dirigeant de Philip Morris, bénéficient des recettes fiscales du tabac et attachent moins de poids aux problèmes de santé.

« Le département de la santé souhaiterait simplement que le tabac soit interdit, alors que pour le ministère des Finances, il s’agit plutôt de tirer parti ou d’obtenir autant d’argent que possible », a-t-il déclaré.

L’objectif des efforts de Philip Morris, selon le PowerPoint 2014 sur les affaires d’entreprise, est de «déplacer les problèmes du tabac» des ministères de la santé et de démontrer qu’il existe des intérêts publics plus larges et que «ce n’est pas du tabac».

Cave, directeur des affaires de Philip Morris, a confirmé que l’entreprise tente de persuader les gouvernements de modifier la composition des délégations. Les responsables de la santé, a-t-il dit, ne sont pas équipés pour gérer les subtilités de questions telles que celles concernant la fiscalité.

« Vous regardez le commerce illicite, vous regardez les régimes fiscaux, vous regardez le droit international », a-t-il déclaré. « Maintenant, chacun de ces domaines, c’est logique, si vous voulez vraiment vous attaquer au commerce et à la contrebande de tabac, au commerce illicite, à qui s’adresseriez-vous? Vous n’iriez pas au ministère de la Santé. « AGRICULTEURS DU TABAC: Un travailleur a tendance à faire une culture du tabac dans la communauté agricole Beatrice, au Zimbabwe. Lors de la réunion du traité de Moscou en 2014, une proposition demandant que les pays limitent le soutien aux producteurs de tabac a été affaiblie. « C’est un résultat très positif », a écrit Chris Koddermann, un dirigeant de Philip Morris, dans un courriel. REUTERS / Philimon Bulawayo

 

 


« Je suis en colère que vous vous concentrez sur cela, plutôt que sur les vrais problèmes qui intéressent les vrais gens ».  

Un cadre de chez Philip Morris, Andrew Cave, interrogé sur l’interaction de l’entreprise avec les délégués de la CCLAT


Reuters a analysé les listes de près de 3500 membres accrédités des délégations qui ont assisté aux sept conférences de la CCLAT depuis 2006. L’analyse a révélé qu’il y avait plus de six délégués de la santé pour chaque délégué lié aux finances en 2006. À Delhi l’année dernière, ce ratio était tombé À un peu plus de trois délégués de la santé pour chaque délégué financier. Le nombre de délégués des secteurs de la finance, de l’agriculture et du commerce est passé de quelques douzaines en 2006 à plus de 100 au cours des dernières années.

La délégation du Vietnam, par exemple, a considérablement changé. Lors de la première conférence de la CCLAT en 2006, aucun de ses quatre délégués ne provenait de ministères des finances ou du commerce. En 2014, à Moscou, il y avait 13 délégués, avec au moins quatre ministères liés aux finances, y compris le délégué en chef. Le ministère des Affaires étrangères du Vietnam n’a pas répondu aux questions concernant la délégation de son pays.

Da Costa e Silva n’est pas opposée au fait d’avoir des délégués des ministères du commerce, mais elle dit que leur objectif principal doit être la santé. Et elle était préoccupée par la composition de la délégation vietnamienne. Dans une lettre adressée au Premier ministre vietnamien à la fin de 2015, elle a demandé que les employés de l’industrie du tabac soient exclus de la délégation. S’ils ne l’étaient pas, a-t-elle écrit, le Vietnam pourrait être «incapable de jouer un rôle dans les discussions».

En 2016, le Vietnam a amené 11 délégués à la conférence, dont six étaient des organismes de santé, y compris le représentant en chef.

Certains militants du contrôle du tabac, qui ont assisté à la réunion de Delhi en novembre, ont déclaré que ce fut le pire jusqu’ici en termes de passage de nouvelles dispositions antitabac.

Matthew Myers, qui dirige la Campagne Tobacco-Free Kids, a déclaré que plusieurs pays étaient prêts à bloquer consciemment l’action. Il a dit qu’il a entendu des délégués présenter des arguments qu’il n’avait pas entendu en 25 ans.

Un délégué nigérian, par exemple, a demandé de supprimer une référence à « l’épidémie de tabagisme » d’un projet de proposition sur la responsabilité pour les dommages liés au tabac, selon les notes prises par les groupes antitabac.

Sollicitée pour un commentaire, Christiana Ukoli, chefef de la délégation à Delhi, a déclaré que « la délégation nigériane se dissocie fortement de [cette] déclaration ».

La conférence de Delhi a pris fin alors que les fonctionnaires du Secrétariat des traités ne savaient pas où Philip Morris avait été ou ce qu’il avait fait. La compagnie est arrivée, a utilisé une escouade de fourgonnettes identiques pour transporter des représentants à New Delhi, puis quitté la ville sans laisser de traces.


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